Mercredi 15 avril 2009
- Le Printemps donne des aîles, sans doute. La vie tourbillonne, les femmes sont en jupe, les nuits sont douces, l'air chaud emplit les poumons, en bref : nul besoin de Maîtresse. Et puis l'automne revient un sale jour, avec ses promesses de températures déclinantes et son intérieur ennuyeux, et l'on se remet aussitôt en quête d'une bonne petite soumission pour réchauffer son lit de fantasmes. Ainsi, les fumistes peuvent aussi se présenter sous une forme nouvelle : les "saisonniers du SM".

- Je reçois ce genre de demande dix fois par jour :

"J'entre et je vous remets une enveloppe contenant le tarif. Vous me recevez en guépière noire (cuir) avec cuissardes noires. Vous ne portez pas de dessous. Vous avez les cheveux tirés en arrière avec une queue de cheval. Vous me laissez entrer et vous m'ordonnez de me déshabiller. Vous m'humiliez parce que je vous ai fait attendre. Vous vous assoyez sur votre canapé, une cigarette à la bouche pour vous détendre. Je me mets à quattre pattes devant vous pour que vous puissiez allonger vos jambes sur mon dos. Vous avez envie d'aller au toilette et vous m'ordonnez de vous suivre. Je me lève mais vous m'ordonnez de rester à quattre pattes pour vous suivre.Vous faîtes vos besoins et je reste assis devant vous. Vous m'ordonnez de vous essuyer avec ma langue tout en m'humiliant. Vous trouvez que j'ai été dossile donc pour me remercier vous revenez au salon (je vous suis à quattre pattes) et vous vous assoyez sur mon visage. Vous décidez de me récompenser en me masturbant avec vos pieds nus tout en m'humiliant."


Voilà tout le drame des poupées SM. On leur explique comment s'habiller, comment se coiffer, quoi dire, quoi ordonner, à quel moment il faut fumer, mais aussi à quel moment il faut avoir envie d'uriner, et j'en passe... Le "must" se situe tout de même ici : il est décidé à l'avance ce qu'elle devra penser du soumis. En l'occurence il a été docile et il mérite donc sa récompense, tout est prévu. La Maîtresse n'est même pas autorisée à penser que le soumis peut être mauvais. N'est-ce pas extraordinaire ? Mais non, c'est la banalité la plus totale. J'ai pris celui-ci au hasard, tant pis pour lui, mais il y en a d'autres tous aussi grotesques les uns que les autres.

- Je recherche un illustrateur possédant un joli coup de crayon afin d'imager une pièce de théâtre qui m'est entièrement dédiée. Cette pièce, plutôt bonne, a été laborieusement écrite par un individu dégagé récemment, et comporte des scènes hautement pornographiques. Je veux donc quelqu'un de sérieux pour cette tâche. Me contacter par courriel et me présenter un exemple de son travail.

- Je recherche également un serf à domicile afin de s'occuper du jardinage et de l'entretien du donjon à partir de mi-mai jusqu'à fin août. Il est évidemment préférable que la personne soit proche de Bordeaux. Je puis assurer un accueil au Donjon, restauration également. Le candidat doit être dégourdi, en bonne santé, et totalement disponible. Les compétences requises : arrosage, taille (ou taillage, je ne sais pas comment on dit), ménage, tonte avec tracteur, ratissage. Il faut savoir utiliser un "karsher" et savoir également entretenir une piscine. Petites connaissances en électricité et plomberie appréciées. Je précise que le candidat élu ne sera absolument pas sollicité pour des séances. Les profils de curieux, d'hésitants, de fantasmeurs, ou d'esclaves professionnels : dehors. Je privilégirai les étudiants en vacances à partir de ces dates, par exemple. Ce blog est décidément plus efficace qu'un site de petites annonces.

- Esclave Fatia ne fait plus partie de mon Cercle depuis la semaine dernière, pour les raisons qu'elle connait. Qu'elle sache que je ne lui ferai subir aucune représailles. Je lui souhaite bonne chance en tant que dominatrice professionnelle.

- A ce sujet, je suis toujours fascinée par ma propre faculté à ne pas m'attacher aux gens, même ceux que j'ai côtoyés longtemps, même ceux avec qui j'ai ri et partagé des moments intimes. Je puis les lâcher d'une seconde à l'autre, sans hésitation, et sans regrets. Je ne crois pas que ce comportement soit le fruit d'une force ou d'une perversion. Simplement, personne ne me manque et personne ne m'est indispensable. Je n'en tire aucune tristesse ni aucune jouissance, mais toujours un grand espoir : un sempiternel sursaut de vie me fait toujours penser que ce qui est parti est remplaçable, et que ce que j'obtiendrai par la suite sera encore mieux que ce que j'ai eu. Jusqu'à présent, je ne me suis jamais trompée sur ce point. Le mouvement fait toujours partie de moi, mais ce mouvement n'est pas inconstance, il est construction. Je me demande, avec le temps, s'il ne s'agit pas de mon don le plus précieux.

- Il est impossible d'exiger subitement quelque chose que j'ai volontairement refusé de donner durant des mois. D'ailleurs il est impossible d'exiger quoi que ce soit en général. Cela me semble normal et cohérent, et pourtant ça ne l'est pas pour tout le monde.

Par Maîtresse Trinity
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