Lundi 12 janvier 2009

Depuis la naissance de ce blog, j'ai tenu à exposer des visions, des constats, des considérations sur ce qu'on appelle "le monde BDSM". Au fil des articles et des récits, je ne me suis pas contentée de dénoncer certaines contradictions, j'ai aussi laissé transparaître ce qui est mon système, et je l'ai confronté à un autre système que tous les "pratiquants" connaissent, à savoir le système consensuel.

Certaines personnes ont compris que ma personnalité, ma façon de vivre et de ressentir les choses était  différente des personnages de Maîtresses que nous connaissons tous. Il y a véritablement une différence de fond, et même une rupture que j'ai jugée utile d'expliquer.

Pour la dernière fois, je vais aller au coeur du sujet, le plus loin possible en tous cas, pour tenter de démasquer définitivement ce monde SM et pour détailler ma démarche et pourquoi j'ai voulu créer un cercle qui me correspond.

Les rêveurs, les naïfs, les inconscients devraient peut être passer leur route : je ne vais pas prendre de gants. Mais il est certain que la plupart des "pratiquants" seront bien conscients des constats que je vais dresser ici, du moins s'ils sont honnêtes intellectuellement. D'autres, en revanche, s'en moqueront, ils ont besoin de lécher du cuir au kilomètre, la "blabla" ne les intéresse pas, ce n'est donc pas à ces consommateurs que je m'adresse.

 

1 - Définition

Je vais tout d'abord me baser sur une définition que chacun pourra vérifier sur internet, puisque cette dernière est visible sur le site wikipedia, encyclopédie libre à disposition de tous. Je me connecte, et je cherche le mot "dominatrice". Voici le résultat : 

"Une dominatrice ou maîtresse est une femme qui accepte le rôle dominant dans le cadre de la pratique dominant/dominé."

"Pour Gilles Deleuze, le masochiste est essentiellement éducateur. Ce qui fait de la dominatrice, toujours selon Gilles Deleuze, « une masochisante », dominatrice en apparence uniquement."

"La dominatrice joue, dans le cadre d'une pratique dominante, un rôle très différent de celui qu'elle incarne en tant que femme à la ville ou au foyer. Elle apprend, dans la situation du contrat, à tirer parti de la puissance érotique que constitue ce rapport particulier à l'autre."


L'équivalent homme (mâle) est un « dominant » ou « maître ».


Deleuze sépare le sadisme du masochisme. Il parle de « contrat » dans le masochisme et dit que « Sado-masochisme est un de ces noms mal fabriqués, monstre sémiologique ».


La dominatrice a pour partenaire un masochiste. Un masochiste est, pour René Girard, « un maître blasé ».


Emmanuel Dazin dit que chez Masoch, la dominatrice affublée selon les désirs de l’esclave, les caractères qu’il lui attribue, est très vite stéréotypée. Et il ajoute : « Elle peut aller jusqu’à ressembler à une poupée, entre les mains de sa "victime" manipulatrice. »


Daniel Leuwers a préfacé une Vénus à la Fourrure en livre de poche : « Le masochiste cherche à conditionner l'attitude de la femme en vue de la faire participer à un jeu dont il entend assumer seul la direction. Il s'agit de donner à la femme l'illusion du pouvoir alors qu'elle est sous le joug insidieux de l'homme qui la force à le battre. »




Je me doute de l'identité de l'auteur de ce texte. C'est tout simplement un texte remarquable, qui explique très clairement ce qu'il en est de la Maîtresse traditionnelle et consensuelle, et avec une très grande honnêteté intellectuelle. Comme quoi je ne suis pas chienne...

Je vais d'ailleurs ajouter plusieurs autres considérations : 

Tout d'abord le concept de la Maîtresse SM a été inventé par l'homme. Ce sont les hommes qui ont construit et formaté ce qu'on appelle le "monde BDSM" pour en faire un outil qui les servent directement.

En créant ce monde, ils ont aussi créé le personnage de la Maîtresse, à qui ils délivrent un pouvoir lorsque l'envie leur prend de s'abandonner, cela, bien évidemment, afin de satisfaire une pulsion masochiste et/ou fétichiste.

Ce personnage de la Maîtresse, irréel, fantasmagorique, femme inaccessible, intouchable, fascinante, est tout sauf une femme. C'est un mythe, et dans le meilleur des cas, une caricature.

Cette femme ne s'abaisse pas à la sexualité, elle n'est jamais prise, elle est effleurée. Cette femme ne peut être séduite puisqu'elle est rendue inaccessible. Cette femme n'est jamais nue, elle est transcendée à travers le vêtement fétichisé. Cette femme n'est pas humaine, elle est divinisée et idéalisée.

Cette femme est la négation pure et simple de la nature féminine véritable, nature tellement décevante pour certains rêveurs qu'ils ont cru bon d'en inventer une autre. J'ai en parlé dans mon article sur le romantisme, à travers l'exemple de Madame Sabatier et de Charles Baudelaire.

Ce personnage de la Maîtresse a donc été créé pour satisfaire un besoin masculin d'absolu. Il faut que cela rentre bien dans les esprits.

Il n'est donc pas étonnant que depuis les "origines" de ce qu'on appelle le SM, les pratiquants aient toujours pensé à la place des Maîtresses. Ce sont les "soumis" qui ont inventé les dogmes, qui ont imaginé les pratiques, qui ont instauré les rituels, et qui ont même inventé les accessoires.

Le sadisme étant, par manque d'imagination, sempiternellement associé à la violation d'un cadre légal, et plus particulièrement d'un "contrat" entre deux "partenaires", alors le sadisme est renié, et la masochisme est roi. Dans le monde BDSM que nous connaissons, le sadisme n'existe pas, et tout tourne autour de la satisfaction d'un besoin masochiste.

En partant de ce constat, la "Maîtresse SM", qui est censée représenter la sadique, ne peut être qu'une comédienne et ce que j'appelle toujours une prestataire de services. Elle rend, littéralement, service à son "soumis", même si le mot client sera sans doute mieux adapté.

La Maîtresse est donc tout sauf une dominante. Elle ne contrôle rien ni personne. Elle est un jouet, un outil aux vertus thérapeutiques sans doute, qui n'obtient que des restes : s'oublier dans le personnage d'une femme qu'elle n'est pas et qui ne peut pas être, se donner l'illusion d'un pouvoir sur des êtres qui la manipulent, passer sa mauvaise humeur sur un punching ball amorphe, ou obtenir quelques billets de banque.

Les "dominantes" sont globalement dépassées par les envies de leurs soumis, elles s'échinent à les satisfaire en suivant le mouvement. La Maîtresse est donc continuellement l'élève de son soumis, ainsi que le remarque le philosophe suicidaire Deleuze. C'est lui qui mène la barque, et c'est lui qui l'habille, dans tous les sens du terme.

Si la Maîtresse SM est tout sauf une femme naturelle, il est donc intéressant de noter qu'une femme jouant ce rôle tente, consciemment ou non, d'oublier sa propre nature féminine le temps de la comédie. On le constate d'ailleurs sur la question de la nudité ou de la sexualité : ces choses là sont proscrites, bannies, condammées. Enlever sa nudité et sa sexualité à une femme, c'est lui enlever une partie importante de son humanité. Et c'est précisément ce que les hommes ont recherché en créant ce personnage : déshumaniser la femme.

La "Maîtresse" qui incarne ce rôle est exactement dans la même démarche que le "soumis" : le refus de la femme qu'elle est réellement.

Il y a également des femmes qui pensent se réaliser à travers ce personnage. En ce qui les concerne, le soupçon est de mise. Les motivations qui peuvent pousser une femme à jouer un rôle anti-naturel sont nombreuses : masochisme refoulé, divertissement, échappatoire à la réalité, vengeance sur les hommes, argent, besoin maternel, etc.

J'ajouterai que ce système est éminement moral. Car évidemment, assouvir le besoin d'un homme en restant dans un cadre légal, dans un contrat, est tout ce qu'il y a de plus moral. Les saintes nitouches qui critiquent les Maîtresses SM sont aussi consensuelles que les Maîtresses elles mêmes. En réalité, elles sont les deux faces de la même médaille : recto coincé, verso encanaillement.

Evidemment, jamais les "soumis", si on peut les appeler comme cela, n'iraient mettre leur jouet en face de ses contradictions. Ils ne peuvent renverser l'idole qu'ils ont construite et qui est censée "endosser" leurs "propres fautes". En effet, la Maîtresse, en plus d'être une poupée gonflable distancieuse, symbolise pour certains la noire conscience du "soumis". Alors elle devient une sorte d’expiatoire malsain avec la punition libératrice pour unique scénario.

Voici donc la Maîtresse SM : utilisée, manipulée, et le sachant, se rendant fière d’un pouvoir qu’elle ne possède pas, psychiatre, médecin, mère ou grande sœur punitive, et rachetant le péché des hommes en trépassant sur sa croix de Saint André (Eli, Eli, lama sabactani ?).

Cela s’appelle une "masochisante" lorsqu’on veut faire pédant.


On constate donc que lorsque je parle de "prestataires de services", ou bien de "fausses dominantes", ou encore de "clients", je ne pars pas simplement d'un constat issu de mon cerveau malade : même les garantes du Dogme l'avouent volontiers et l'écrivent... mais surtout pas sur leur site internet commercial.

Tout ce qu'on peut lire, les slogans commerciaux de certaines dominas qui s'imaginent réellement maîtriser quelque chose deviennent ineptes et participent à une comédie générale parsemée de folklore. Somme toute, "c'est pour rire".

Tout ceci n'est donc qu'un jeu pour individus parfaitement conscients, non pas de la dangerosité du SM (puisqu'il n'y en a plus, faute de sadisme), mais conscients de l'imposture de base. Ce qu'il faut comprendre, c'est que le monde BDSM actuel, le traditionnel, le consensuel, celui que tout le monde connaît, c'est un monde créé par les hommes et pour les hommes.

Bien entendu, nul besoin de lire Deleuze pour se rendre compte de cet état de fait. La pratique en fait prendre conscience assez tôt, à moins d'être une sinistre bécasse. Le comportement des "soumis" en dit plus long que wikipedia.

2 - Sade et Masoch

Ici, il s'agit de parler un minimum de Sade et de Masoch. Je ne vais pas tomber dans la conférence universitaire, je n'aurais pas cette prétention contrairement à certaines, je vais simplement donner quelques impressions.

Je ne suis pas seulement sadique, je suis sadienne. La lecture de Sade, adolescente, m'a révélée à moi même. J'y ai vu toute mon humanité, mais aussi celle des autres. J'ai trouvé à travers ces pages un champ de possibilités extraordinaire, où la morale, les conventions, cette mécanique ridicule et figée de la Société étaient purement et simplement balayées. Tout était devenu possible, car Sade nous explique que toutes les possibilités sont en nous, et que nos limites ne sont définies que par des contextes et des circonstances. Fondamentalement, nous sommes capables de tout. Il s'agissait donc pour moi de partir à la conquête de moi même mais aussi de l'homme, à travers la violence, la sexualité et la transgression.

La seule liberté possible réside dans Sade, pas dans Masoch. Sade représente l'explosion de tous les systèmes, Masoch c'est au contraire la création d'un nouveau système, système qui échoue d'ailleurs. Il y a mille fois plus de liberté, d'imagination, et d'humanité dans une seule ligne de Sade que dans deux cent pages de Masoch. C'est au fond le combat entre la lumière dix-huitiémiste et le romantisme verdatre et purulent du dix-neuvième.

Il y a toujours des petits malins pour dire que Sade n'a jamais pensé mettre à exécution ses noirs écrits. Ou bien que ces choses là ne sont pas faites pour être reproduites. Ou encore que l'horreur qu'il décrit représente la méchanceté du monde, ce qui ferait de Sade un écrivain moral, ce qu'il n'était évidemment pas.

Le génie de Sade, c'est d'avoir compris que l'humain est le terrain de tous les possibles. Les personnages infâmes décrits par Sade, c'est Sade. Les victimes martyrisées par ces infâmes, c'est Sade aussi. Sade ne décrit pas la méchanceté des hommes, il décrit notre humanité. Nous sommes tous sans exceptions des bourreaux et des victimes. Nous avons besoin d'être des bourreaux ou des victimes. Ou bien nous sommes forcés ou destinés à le devenir. Et selon certaines situations, nous aurons un ascendant sadique. D'autres auront un ascendant masochiste. C'est le fonctionnement même de la nature humaine. Et nous devons l'accepter. Nous battre contre nos penchants, c'est refuser ce que nous sommes. Pas de morale chez Sade, pas de combat du bien contre le mal puisque le mal peut être un bien.

Alors que Sade nous aide à accepter notre humanité en triturant le sang et la merde de nos corps et de nos âmes, Masoch cherche à la renier en créant un personnage artificiel, une maîtresse amenée par son soumis à devenir sadique, totalement idéalisée et modelée en fonction d'un fantasme personnel, une femme poupée dans laquelle il projette tous ses rêves et tous ses désirs victimaires et fétichistes.

Masoch, c'est ce boulet qui s'accroche aux pieds d'une femme libre, cet infect petit égoïste qui va manipuler un personnage pour le travestir en donneuse de fouet surnaturelle. Masoch, c'est le sadique envers lui même, continuellement dans le besoin et la demande, c'est le roquet qui jappe en s'accrochant à mes talons, et qui tente de me convaincre en pleurnichant que je ne serais pas ce que je suis s'il n'était pas ce qu'il est. La larme à l'oeil, il essaye désespérément de se rendre indispensable.

Figé dans cette société moribonde du dix neuvième, il lui sera difficile de trouver une vraie sadique, les comtesses Bathory ne courent pas les rues. C'est ainsi qu'il va tenter d'en créer une. Et ce sera un échec, dont il en tirera déception et amertume : le sadisme ne s'offre pas sur un plateau. La femme est décidément bien triste et bien ordinaire... Je reviens à ce que je disais tout à l'heure : Masoch est en réalité un romantique. Le romantisme est un concept comme un autre, c'est à dire qu'il va automatiquement à l'encontre de la nature.

Certains disent que la lecture de Masoch est complémentaire de celle de Sade. Ces gens me font penser à ceux qui veulent absolument inclure une morale à la fin d'une histoire. Pour ma part c'est l'histoire qui m'intéresse, pas la morale. Et réduire Sade à une philosophie, en occultant toute la dimension physique de ses écrits, c'est aussi imbécile que de renier sa propre dimension physique.

3 - La suprématie féminine

Ici, j'aborde de manière très courte la question de la suprématie féminine. Masoch, en bon romantique qu'il est, va placer la femme sur un piédestal, et c'est là toute l'erreur.

Admettre la suprématie féminine, c'est remettre la nature féminine à sa vraie place, c'est à dire au centre des choses. La hisser sur un nuage c'est une autre manière de la refuser.

Il ne s'agit donc pas d'idéaliser la femme. La femme et extraordinaire par essence. C'est sa nature même qui la rend supérieure et nécessaire. Nul besoin de la diviniser, de la travestir, et encore moins de la transcender. Il suffit de la reconnaitre pour ce qu'elle est et d'agir en conséquence.

Pourquoi avoir inventé un tel personnage que la Maîtresse SM ? Si la femme naturelle est décevante pour certains hommes, et s'ils ont eu ce besoin de créer une femme surnaturelle, cela prouve tout simplement que les mâles ont besoin de concepts pour rêver, et qu'ils passent continuellement, systématiquement, et instinctivement, à côté de la nature, de la vie, de la spontanéité, et de la pure jouissance qu'elle offre.

Les hommes ne savent vraiment pas jouir du vivant. Je parle de ceux qui ont un minimum de cervelle. Epris d'absolu, ils ont besoin de fantasmes et d'idéaux. Le romantisme en est un, et le SM consensuel, lequel découle du romantisme, en est un autre.

La femme est pourtant naturellement sadique. Nous avons toutes en nous le petit sourire pervers de Jean Seberg dans le final d'A Bout de Souffle, laquelle vient de livrer son compagnon à la police et à la mort, et lorsque nous ne sommes pas sadiques spontanément, nous le devenons dans le calcul : tout se manipule, tout se soutire, tout s'obtient. Nous savons devenir particulièrement hideuses lorsqu'il le faut ou lorsque cela nous amuse. Inutile de le démontrer, chacun aura pu le constater au moins une fois dans sa vie.

Pas de femme dans le SM : la Maîtresse n'est en fait qu'un homme, puisque son existence, sa pensée, son corps, ce qui l'habille, le fouet qu'elle tient dans la main sont des inventions de l'homme. La Maîtresse SM, c'est la projection de l'homme qui s'autoflagelle à travers sa création.



Triste constat. Je me revois plus jeune, en face de cet état de fait. J'ai été moi aussi une prestataire de services. J'ai pensé que satisfaire mes pulsions sur des types qui n'attendaient que ça, pouvait suffire à satisfaire mon sadisme. Et j'ai déchanté rapidement.

Pour la femme que je suis, on peut même parler d'un problème insurmontable. Je suis naturellement dominante, pas besoin de pousser, ma nature est foncièrement sadique, c'est incontestable, et j'ai toujours été faite pour être servie. Comment faire ? En réalité, le personnage de la Maîtresse SM tel qu'il a été conçu ne pouvait en aucune manière me correspondre et me convenir.

Ainsi, j'ai compris qu'il me fallait créer mon propre système, mon propre fonctionnement, tout ceci pour échapper à cette imposture générale et jouir de mes pulsions, de ma féminité, et de ma liberté, sans être au service des hommes. C'est pour cela que je vois le SM comme un outil destiné à me servir, et non comme une fin en soi.


4 - Le naturel

Le fait de rester moi même est la clé majeure de mon système.

Ma féminité n'est pas un fléau, elle est une chance et un trésor. Personne ne pourra me l'enlever, elle est ma plus grande richesse. Quelle drôle d'idée que de subir sa féminité. Je n'ai jamais eu l'impression qu'il me manquait quelque chose entre les jambes. Qu'il est confortable de recevoir plutôt que de faire tous les efforts pour donner.

Je n'ai pas besoin de m'oublier dans un personnage. Je suis heureuse d'être femme. Je joue et je jouis de ma féminité à chaque seconde. J'accepte ses aléas et ses petites misères. Je suis pragmatique, terrestre, et abominable selon Baudelaire. J'ai toujours pensé qu'une femme était supérieure aux concepts, aux idées, ou aux religions. Sur cette planète, la femme est le centre de tout, car tout tourne autour d'elle et tout revient à elle. Elle est la matrice incontestable.

Lorsqu'on est à ce point naturelle, comme je le suis, certaines questions se posent : si je suis le concept du SM, je devrais logiquement remettre dans les mains des hommes le pouvoir de me rendre dominante. Pourquoi me donner un statut de dominante puisque je le suis déjà ? Ma distance, mon ascendant sont innés.

Pourquoi ne devrais-je avoir affaire qu'à des paillassons ? Je suis une dominatrice, puisque je sais faire plier ceux que je veux voir à genoux, d'une manière ou d'une autre.

Pourquoi devrais-je accepter l'idée de ne pas faire souffrir vraiment ? J'aime atteindre véritablement un être, j'aime l'humilier, l'écraser, le compromettre, l'anéantir socialement, le pousser au bout de lui même et même au dela, l'entrainer dans une impasse, lui arracher ce qu'il ne veut pas me donner, l'utiliser, exploiter ce qui m'intéresse, lui faire mal sans raison.

Pourquoi être habillée, ou plutôt déguisée, lorsque j'ai envie d'être nue ? Pourquoi m'interdire la sexualité si j'ai envie d'y croquer ? Etc, etc.

Bref, si une femme dominante est supposée être libre, doit-elle obéir à des dogmes et à des codes créés par les hommes qui ont forgé cet univers SM ?

Je ne réponds donc à aucun code, ce qui serait une manière indirecte de répondre à une attente masculine. Je ne fais que répondre à ma féminité et à mes envies.

Ainsi, nul besoin d'endosser un costume de dominatrice : plus je suis moi même, et plus je suis Maîtresse.

Loin de moi l’idée "d’endosser les fautes" de mes serviteurs. Voilà une interprétation totalement influencée par une morale judéo-chrétienne débilisante.

J’explique qu’il n’y a pas de "faute". Que chaque humain possède sa face cachée et qu'il faut tenter de vivre avec elle si l'on veut vivre un jour dans un certain équilibre. Au fond, moi même, je n’ai pas fait autre chose. Je place donc chaque être en face de son humanité, je lui fais comprendre que cette partie sombre, il la possède en lui et il la possèdera toujours, que je sois là ou non.

Il faut non seulement l’admettre mais il faut aussi l’explorer. Il faut la regarder en face, surtout, pour qu'elle ne devienne pas une déviance à exorciser au cours de sempiternelles petites séances du week-end. Cette face cachée n’est donc pas un poids pour mes soumis. Pas de tourments épouvantables ni de dépressions nerveuses. Ils apprennent l’harmonie du corps et de l’esprit. Ils acceptent ce qu'ils sont. Simplement cette partie sombre n’a de sens que parce que j’existe. Cette partie sombre devient utile. Elle m'est utile, plus précisément.

Ce SM compassionnel me fait sourire. Que je puisse déclencher un signal chez le soumis est une chose. Que je devienne une sorte de Maîtresse Christique qui le soulagerait du poids de son "péché" en est une autre. Mes serviteurs sont seuls responsables de leurs actes, de leurs pensées, et de leurs comportements. Et au fond, ils apprennent à déculpabiliser, parce qu’ils me voient bien pire qu’eux. Ils s'acceptent.

5 - Le sadisme

Il est difficile d'aborder la question du sadisme. Le sadisme n'est pas beau, il est même totalement repoussant. Le sadisme fait appel à des choses mauvaises, immorales qui sont enfouies au fond de nous. Il est plus moral et plus rassurant de faire appel au masochisme, car le sadisme choque et il choquera toujours. Bestial, sauvage ou cynique, le sadisme est contraire à l'idée de dignité humaine.

Le sadisme n'est pas la perversion, mais c'est une forme de perversion parmi d'autres. Le sadisme est injuste, ignoble, inacceptable. Et pourtant nous avons tous cela en nous, à des degrés divers. Pour ma part, il est beaucoup plus développé que chez d'autres, c'est le moins que l'on puisse dire, et c'est ainsi.

J'ai donc choisi de répondre à mon humanité et de le laisser s'exprimer pleinement. J'aurais pu le cacher, le contenir, l'enterrer définitivement. En l'explorant, en le laissant s'épanouir, j'ai donc franchi l'obstacle de la morale et de toutes les morales.

Franchir une morale est grisant au tout début. Ensuite on n'y fait même plus attention. J'ai toujours gardé à l'esprit cette phrase de Ferré qui dit que "le problème avec la morale c'est que c'est toujours la morale des autres". Aujourd'hui, dans mon esprit, tout cela coule de source. La question ne se pose même plus.

Lorsqu'on pense sadisme, on s'imagine instantanément des scènes atroces au cours desquelles des tueurs en série déchiquettent des corps et violent des enfants. Quelle fumisterie. Le sadisme est comme une pédale d'accélérateur : on peut appuyer doucement pour avancer prudamment, on peut lever le pied, on peut aussi accélérer à fond et aller au bout de l'horreur. Le tout est de savoir conduire.

Il est donc raisonnable de dire que certaines pages de Sade ne sont pas possibles à reproduire dans la vie. Pour ma part, la question de la morale étant évacuée, elles ne sont pas possibles pour une raison précise : le cadre légal. Sur la question du consentement, je vais y venir.

Si certaines sont impossibles, d'autres sont faisables. Cela peut passer par de petites choses ou par de grandes séances interminables. L'imagination au service de l'action est donc le moteur indispensable.

Il y a mille et une manières d'être sadique, et ça ne passe pas nécessairement par le viol. Le sadisme a bien des visages, il joue avec toutes les subtilités du consentement comme du non-consentement. Etre sadique, c'est aussi être suffisamment perverse pour placer sa victime dans une impossibilité de réaction ou de vengeance afin que l'injustice soit totale.

Il est convenu que le sadisme n'est pas véritablement compatible avec le masochisme : faire souffrir un individu qui aime cela est relativement frustrant. On s'imagine donc que le sadisme est impossible à mettre en pratique, car s'il y a sadisme, il ne peut y avoir masochisme. C'est un système bien plat, c'est d'ailleurs le système actuel. C'est un système raisonnable, contractuel, consensuel, moral.

6 - Déviants et serviteurs

J'ai parfois, sur ce blog, parlé de "masos". L'un de mes contacts msn a relevé la contradiction suivante : "Maîtresse, vous êtes une vraie sadique, donc vous ne pouvez pas posséder de masochistes." Sa remarque est totalement exacte. Je ne possède pas de masochistes.

La servitude est le seul moyen pour rompre cette manipulation de la Maîtresse par le soumis. Il s'agit d'éradiquer la notion de masochisme pour la transformer en exploitation physique, psychique et parfois financière.

Cela signifie quatre choses :

> Le but étant ma propre satisfaction, la souffrance que j'inflige au masochiste est une souffrance qu'il ne peut pas contrôler.

> Le "masochiste" est placé dans un devoir d'effort continuel afin d'obtenir ma satisfaction. De ma satisfaction dépend son plaisir. Son plaisir est donc une conséquence du mien, et non une fin en soi.

> Ne pouvant contrôler la douleur que je lui inflige, le "masochiste" n'est donc plus masochiste dans le sens où il ne prend aucun plaisir dans la souffrance proprement dite.

> De "déviant", il passe donc au statut de serviteur. Son objectif n'est plus l'assouvissement d'une vulgaire pulsion, mais la satisfaction de mon sadisme.

La question du consentement n'est pas annihilée. Elle est simplement déplacée. Si le serviteur accepte de se remettre entre mes mains, sans aucune limite, il s'agit pour lui d'un abandon total qui est consenti. Mais son consentement se situe dans la servitude, et non dans un pacte masochisant. Il acceptera la possibilité que je franchisse ses limites, que je viole ses tabous, car il a dès le départ agréé l'idée d'être exploité comme il me plait. Et s'il accepte la servitude, il n'accepte pas le viol physique en tant que tel, mais il en conçoit l'hypothèse, il la redoute et s'abandonne totalement à mon jugement.

C'est cela qui est beau : s'abandonner à tous les possibles et s'en remettre à mon pouvoir (cf la chronologie du doute).

Ce qui devient un devoir envers moi n'est donc plus un besoin pour lui, et cela me permet de franchir des limites extrêmement poussées sans même que j'emploie la menace. Je peux m'en donner à coeur-joie, car même en ayant accepté l'idée d'être exploité, le serviteur souffre, endure, crie, pleure, saigne, fait des choses qu'il n'a jamais faites, subit des choses innommables, ce qui ne peut que me ravir. Il devient littéralement mon jouet.

J'ai bien conscience que cette définition est dangereuse : il s'agit pour moi de garder la tête froide, de ne pas faire les choses n'importe comment, et surtout de ne pas casser mon jouet trop vite. A moi de sonder l'inconscient de l'individu afin d'en extirper ce qui m'intéresse.

Le serviteur garde toujours au dessus de sa tête une épée de Damoclès ("jeu" de chantage par exemple) afin de n'avoir aucune porte de sortie. Avec le temps, il apprend à s'abandonner de plus en plus, et de mieux en mieux, car on ne peut véritablement s'abandonner que lorsqu'il n'y a aucun échappatoire possible.

Ainsi je ne donne jamais à un soumis ce qu'il vient chercher. Je renverse sytématiquement la situation afin de le mettre dans une obligation de résultats : voir chamboulés tous ses repères masochistes antérieurs, subir des souffrances inédites ou largement exagérées, se surpasser, surmonter ses dégoûts, admettre la possibilité d'un viol continuel, ce qui n'en fait plus véritablement un viol, mais qui reste difficile à supporter. La pression qui pèse sur ses épaules étant perpétuelle, la servitude en soi est donc loin d'être un plaisir.

Ce que j'appelle les "limites définitives" de l'individu apparaissent un jour ou l'autre. J'en tiens compte comme je puis les oublier volontairement. Souvent elles sont bien plus poussées que ce qu'il pouvait s'imaginer au départ. Mon sadisme est donc satisfait d'avoir forcé et emmené le serviteur à s'embourber dans des pratiques totalement ignobles.

7 - Statut du serviteur

Le thème du "serviteur" ne plait guère, hormis lorsqu'il s'agit de petites saynettes au cours desquelles un pauvre type va tenir un cendrier pendant une heure. Combien de fois m'a t’on dit : "vous prenez les soumis pour des imbéciles". Et je réponds : un serviteur n'est pas un imbécile, c'est un être conscient qui s'abandonne à une femme qui le dépasse réellement. La définition est fort simple, le résultat est plus que difficile à atteindre. Voilà pourquoi je sélectionne à ce point. Voilà pourquoi je prends le temps de connaître en profondeur la personne que j'asservirai.

Le monde SM n'est pas composé que de clients masos et de clients fétichistes. Le serviteur fait aussi partie du système. Certains le sont naturellement, et d'autres le deviennent. Pour ceux qui ne le sont pas encore, ils le deviendront avec moi. C'est incontournable, car c'est la seule voie possible pour vivre quelque chose de vrai.

C'est ici que ma nature revient à la surface (mais au fond elle y est toujours). Parce que je provoque une fascination, parce que je possède un ascendant naturel, parce que je conquiers sans efforts, et que je sais jouer avec ce que je provoque, alors je génère des individus voués à servir ma suprématie.

Beaucoup d'hommes font ou ont déjà fait des choses hors du commun voire complètement folles pour une femme. Ils se sont salis, détruits, ou bien ils ont franchi des limites qu'ils ne pensaient jamais franchir, dans le sens positif parfois ils se sont surpassés, car ils étaient dans une dépendance, dans un amour, une fascination ou une adoration. Pour certains, le simple fait d'être assis à côté d'une femme qu'ils admirent est une fin en soi. Et d'autres iront beaucoup plus loin si je le leur demande. C'est ici que la servitude devient possible.

Ma domination n'est donc jamais dans une perspective de conquête, mais dans une puissance assise.

Le piège de l'étouffement et du modelage décrit par Masoch s'évite avec une grande simplicité. Le serviteur est utile, c'est là sa seule vocation. Il n'a rien à dire, rien à demander, rien à obtenir. Si ses performances déclinent, s'il ne veut plus, ou s'il n'en peut plus, il prend la porte de sortie, je n'aurai plus besoin de ses services. Le serviteur est un outil, et lorsque un outil est usé ou cassé, il se remplace. Ceci explique l'étendue de mon cheptel : j'ai besoin continuellement de rechanges. Les liens que je tisse, je puis les trancher d'une seconde à l'autre.

Comme je l'ai expliqué, le plaisir de me servir est loin d'être une évidence, mais il peut parfois devenir une conséquence. Si j'estime que le plaisir permet au serviteur de mieux accomplir sa tâche, alors j'appuierai sur le bouton "plaisir". Mais jamais un serviteur ne doit quémander son plaisir pour mieux avancer, car sinon nous retomberions dans les rapports que nous connaissons déjà dans le traditionnel : domina/masochiste. Rien n'est dû à un serviteur. Simplement je joue avec le plaisir de la même manière que je joue avec la douleur ou la frustration.

Je fais donc attention à ce que cette attitude de renversement des situations ne devienne pas un système, car sinon je serais moi même prisonnière de ce comportement en m'interdisant de faire les choses comme il me plait. Si j'ai envie de revêtir un catsuit en latex, par exemple, et que le soumis que je reçois à ce moment là adore cette matière, il s'agira alors d'une heureuse coïncidence pour lui, et cela ne me dérangera absolument pas qu'il prenne du plaisir à me voir ainsi habillée.

8 - Le mouvement

Si l'on me comprend bien, je suis exactement à l'opposé du concept de Maîtresse SM créé par les hommes et j'ai réussi à contourner le problème de base et à le réadapter pour servir mon propre intérêt. En clair, je suis véritablement sadique, absolument pas masochisante, et le masochiste devient serviteur de mon sadisme, il n'est donc plus masochiste.

En revanche je puis avoir des fantasmes et des pulsions masochistes. Pratiquant des sexualités extrêmes depuis longtemps maintenant, j'apprécie que certaines parties fines soient brutales et intenses. Mon appétit sexuel me pousse parfois à demander à certains de mes serviteurs de me violenter. Cela peut passer par une sexualité de groupe, par exemple, ou par diverses autres petites pratiques.

Je fais partie de ces femmes qui voient la sexualité comme un affrontement et un challenge, et bien entendu j'aime avoir le dernier mot. La conquête de l'homme par le sexe, dans une situation où je suis théoriquement soumise, est un de mes petits plaisirs. Et il serait stupide que je me prive de ce plaisir là par principe : là encore je réponds à mes envies et à ma nature.

Ceci dit, je n'irai pas jusqu'à dire que je suis switch. Si j'aime de temps à autres me faire brutaliser, je ne perds jamais le contrôle de la situation, car je suis foncièrement dominante et totalement et définitivement insoumise à tout système et à toute personne. Au fond je ne fais pas autre chose que le client maso qui va voir sa prestataire, la différence étant que mes soumis exécutent un ordre, et qu'en aucun cas un être ne peut prendre un ascendant sur moi.

Ma nymphomanie et mon masochisme de petite bourgeoise délurée qui se roule dans le stupre me ravissent, mais ils me sont aussi utiles...

Je puis par exemple exiger d'un soumis masochiste de renverser les rôles et de me faire subir ce que j'avais prévu de lui faire subir. Les masochistes étant des soumis complètement formatés en général, l'ordre que je leur donne leur parait insurmontable. Là encore, le soumis est mis en face de son devoir, et il l'exécute le plus souvent à contrecoeur, contrairement à ce qu'on pense. Je me souviens pour anecdote de soumis qui se sont mis à pleurer ou à vomir après m'avoir fessée copieusement. Si mon masochisme a été satisfait, mon sadisme l'a été encore plus. C'est ce qui s'appelle de l'art.

Casser les codes comportementaux, vestimentaires ou les codes d'une séance, fait donc partie de ma domination. L'imprévisibilité ajoute encore à l'aspect dangereux de la chose. Mon système est un mouvement perpétuel dans lequel le serviteur va constater que ma place de dominante est innée, et que la sienne est chèrement acquise mais jamais définitive. 

9 - Maîtresse SM ?

On peut sans doute constater que nous sommes loin du concept : "client / jouet" défini au tout début. Et pourtant ce système tient la route, j'en fais l'expérience chaque jour.

Aussi, il n'est pas acceptable qu'une seule et même façon de vivre le "SM" soit en vigueur et certifiée conforme. Il n'est pas possible de penser qu'il ne peut y avoir qu'une seule et même manière de le pratiquer. Mon blog, justement, est aussi un moyen de voir les choses autrement, et de replacer le sadisme au centre des choses en expliquant que c'est possible.

Et si je critique l'idée de la disparition du sadisme dans le monde SM actuel, on pourra sans doute critiquer le fait que je tire un trait sur le masochisme pour le transformer en servitude ou en exploitation. Soit, je l'assume. Après tout, il s'agit de mon système.

J'ai reproché à certaines de se faire appeler Maîtresse SM vu qu'elles ne sont absolument pas sadiques et qu'elles ne maitrisent rien. Mais elles peuvent me reprocher de ne pas être masochisante. Je vais donc renouveler mon appel et proposer ceci : si elles décident de s'intituler "Partenaires Masochisantes", je me ferai appeler "Maîtresse Sado". J'en fais la promesse.

10 - Conclusions

Ce que j'écris ici n'est pas nouveau. Tous mes articles ont eu pour ambition de présenter cette vision des choses. Je crois avoir eu, depuis le départ, l'honnêteté de discuter de certains sujets que peu de dominantes auraient abordé, ou qu'elles évitent soigneusement : la vénalité ou le comportement de certains consommateurs, par exemple. Je n'ai pas hésité à mettre "les pieds dans le plat" pour parler du clientélisme, de la vraie contrainte, du romantisme, du fétichisme absurde. J'ai redonné au mot "sadisme" tout son sens. J'ai pu m'offrir le luxe de mettre les soumis en face de leurs comportements et de leurs responsabilités. Expliquer aussi qu'il existe des femmes qui sont réellement des dominantes, des femmes libres, aux moeurs contestables pour certains, aux comportements douteux pour d'autres, et que chaque femme possède en elle un potentiel de suprématie sur l'homme, même si elles ne sont pas nécessairement étiquettées "Maîtresses SM". Et comme je n'ai pas besoin de clients, je poursuivrai de plus belle dans ces considérations.

Je crois que ce blog restera un point de repère pour libérer certains esprits de ce formatage qu'on leur impose. Le "monde BDSM" (on va l'appeler comme ça) n'est pas une secte à part, car le "SM" fait partie de la vie. Faire partie du monde "SM", ce n'est pas rester "entre nous", c'est s'ouvrir à tout, aux cultures, aux mentalités d'autrui, à la sexualité, à la philosophie, à la psychanalyse, à l'art, à soi même, à la nature profonde de l'humain.

Le SM est liberté, tout devient envisageable, et il n'existe pas qu'une seule façon de faire, bien heureusement. Il y en a d'autres, parfois mensongères, contradictoires, ou parfois un peu plus cohérentes. Et je comprendrai toujours que certains considèrent cela comme un divertissement intellectuel et sexuel élitiste, et préfèrent s'amuser entre eux, en se fabriquant un cercle pour initiés, un "Club des Cinq" version latex, avec ses réunions secrètes, ses mots de passe, ses expiatoires, ses thérapies, ses confessionnaux, et ses dogmes.

Pour ma part, je n'ai pas souhaité prendre de distance avec cet univers. Je vis le SM à 100%, c'est un fait. J'ai toujours considéré, depuis mon adolescence, que cet outil devait être employé à fond et je n'ai donc jamais vu le SM comme un jeu de l'esprit ou comme un divertissement pour privilégiés. Cette comédie ne me plait guère et ne m'a jamais plue. Le "second degré" n'a pas suffi à recueillir mes suffrages. Je n'ai pas souhaité devenir psychanalyste pour débiles mentaux. Je suis parfois traitée de "conne" parce que je vais au bout des choses en refusant l'idée même de comédie. A mes yeux, l'intelligence, ce n'est pas se rendre compte que ceci est un jeu, mais prendre conscience que le BDSM est un champ de possibilités inouï, d'un point de vue physique et cérébral. Certains et certaines ont voulu ou n'ont pu que rester dans une distance à travers le jeu. Moi : non, car je suis foncièrement sadique et naturellement dominante. C'est ici que naît la frontière entre nous. Je n'en veux à personne de ne pas être comme moi, et sans doute est-ce mieux ainsi. Mais je sais également que je ne suis pas la seule...

Se libérer de carcans sociaux, moraux, sexuels, explorer sa personnalité, se fouiller, se souiller, mais aussi se purifier, découvrir tous les pans de sa sexualité, aller au bout de certains fantasmes, chercher sa face cachée, la découvrir et l'assumer, servir une femme d'exception, se perdre pour se trouver, ou se trouver pour se perdre, se détruire ou se reconstruire, le SM offre tout cela dans un langage accessible à tous : celui du rapport de forces. Le SM est un chemin de tous les possibles. C'est un outil extraordinaire. Et si l'on a un tant soit peu d'exigence, alors la comédie proposée plus haut par "le Spectacle" ne suffit pas. Il faut aller plus loin pour aller plus en profondeur.

Par Maîtresse Trinity
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Vendredi 26 décembre 2008

- Je souhaite encore une fois une excellente année 2009 à tous qui se perdent (ou se trouvent) sur ces pages. Tous mes voeux de réussite et de bien être malgré cette crise mondiale et les difficultés matérielles qu'elle engendrera. Cette année sera relativement chargée pour ma part.

- Je vais, accessoirement, faire réadapter mon site web en fonction de l'évolution de ma domination : certaines choses ne correspondent plus, et le temps passant je précise mieux ce que je recherche.

- J'aurai également des déplacements à l'étranger pour des formations destinées à de jeunes dominantes. Je dirigerai aussi quelques séances exceptionnelles dont je confierai la narration sur ce blog à Jessica : je crois en effet que certaines de ces séances auront des vertus "pédagogiques" et m'éviteront de développer des théories ennuyeuses.

- Je compte également réorganiser mon cheptel de manière différente. S'il était grisant de diriger et contrôler autant de monde il y a encore quelques temps, ça devient aussi extrêmement fatiguant, d'autant que je ne puis m'occuper régulièrement de tous mes soumis, et garder un contact avec des gens qui vivent loin de moi à longueur d'année demande une implication totale. Je m'implique déjà à 100%, mais il y a des limites à tout. Je ferai donc une différence entre ceux qui me servent régulièrement et ceux qui le font à l'occasion. Qu'ils ne s'inquiètent pas : je ne remets pas en cause leur appartenance. Ils resteront dans mon cercle. Simplement ceux qui me servent régulièrement seront privilégiés par rapport aux autres, ce qui est bien normal. Mon système deviendra plus précis et plus juste au fil du temps.

- A ce sujet, on me reproche de ne plus passer beaucoup de temps sur Internet. Il est vrai que depuis mon retour de vacances en août dernier, j'ai considérablement diminué mes heures de présence sur le réseau. La raison en est simple : je suis très occupée avec ce nouveau donjon. Je constate également que parmi les candidatures pour des éducations à distance, le niveau a considérablement baissé : profils pas franchement passionnants qui ne me donnent guère envie de veiller derrière un ordinateur.

- Toujours dans la même idée, j'ai dit que je supprimerai des contacts de mon msn. Je l'ai fait, et même après en avoir supprimé plus de 150 il y a quelques semaines, je me retrouve encore avec plus de 600 contacts, puisque j'accepte par principe toutes les demandes d'ajout.

Il faut comprendre que n'ayant pas 5 bras et 3 cerveaux, il ne m'est pas humainement possible de répondre à toutes les sollicitations. Je supprime donc en priorité : ceux qui m'ont bloquée, ceux qui m'ont rentrée dans leurs contacts mais qui ne m'ont jamais adressée la parole, ou encore ceux qui ne m'ont pas adressé la parole depuis plusieurs mois et qui visiblement n'ont plus rien à me dire. Et il reste les autres... Imaginez-vous avec une fenêtre de contacts telle que la mienne... Bref, chacun comprendra, même s'il m'a semblée utile de faire un dessin...

- A partir de maintenant, les éducations gynarchistes seront réservées à des gens pouvant régulièrement se déplacer sur Bordeaux ou alentours. Exit les autres. Les formalités pour déposer une candidature restent les mêmes. Si les éducations à distance fonctionnent très bien avec certaines personnes, ce n'est pas le cas pour d'autres. L'enjeu étant important, je ne puis prendre le risque de diriger à des femmes dominantes des serviteurs qui seront au final passé complètement à côté du sens de leur exploitation parce qu'ils se seront faits des films à distance. C'est arrivé dernièrement avec l'un de mes éléments, et même si ça n'a concerné qu'une seule personne, je ne veux plus que cela se reproduise.

- Il y a toujours des gens qui me disent : "Maîtresse, j'ai envie de me donner à vous, mais si vous ne m'y forcez pas, je ne le ferai pas."  Je rappelle que je ne fais aucun effort pour prendre un soumis dans mon cheptel. C'est à lui de se bouger les fesses pour me convaincre, et non l'inverse. Des candidatures, il y en a d'autres.


- J'ai appris, par la bouche de certains soumis, que des jeunes femmes, à moins qu'il ne s'agisse d'hommes sans scrupules, utilisent mes photos, mes textes, mes méthodes, et même mon nom de Maîtresse pour attirer des moneyslaves. Certaines annonces sont d'ailleurs visibles encore sur la toile. Je ne sais pas si je dois voir cela comme un hommage... J'ajouterai que cela ne me dérange pas. Les moneyslaves ne sont pas tout à fait des imbéciles et ils ne se donnent pas à n'importe qui. Et les plus fins feront naturellement la différence entre l'originale et la copie. Ce sont les aléas d'internet, malheureusement, et il faut les assumer.

- Un aimable contact m'a conseillée un truc pour masquer l'horrible publicité générée par Erog, le fournisseur du blog. Je n'y comprends rien, mais sans doute des assidus d'informatique pourront en saisir le sens :

"Pour les utilisateurs de Firefox, il existe l'extension Adblock Plus:
http://extensions.geckozone.org/AdblockPlus
Elle ne suffit pas à elle seule à bloque le bandeau, il faut ajouter Element Hiding Helper
http://extensions.geckozone.org/AdblockPlus#ElementHidingHelper
On peut alors choisir le mode "Sélectionner un élément à masquer", et en cliquant au bon endroit sur la bannière (éventuellement en plusieurs fois), supprimer celle-ci."

Bon courage.

- J'ai eu la bonne idée de demander au jeune homme qui m'a interviewée en octobre dernier de réaliser le récit de ma fête de fin d'année. Il va donc publier cela sur un blog personnel, et là encore je lui laisse une totale liberté sur le ton et la nature de ses propos. Celle-ci s'est très bien déroulée, elle restera un excellent souvenir. Si l'orgie romaine était bien trop éprouvante, cette orgie orientale a été synonyme de calme et de volupté... du moins pour les femmes. Je donnerai le lien du blog lorsque ce récit sera prêt. J'attends des nouvelles de ce jeune homme.

- Je prépare en ce moment un article fondamental sur ma vision du SM. Si mes articles ou mes récits en donnent déjà une image, cet article ira au fond des choses, et de manière définitive. Il sera visible bientôt et sa lecture sera impérative. Beaucoup d'esprits fins ont compris qui je suis et où je veux en venir. D'autres non, car ce n'est guère simple. Cet article leur expliquera très exactement ce qu'il en est du monde BDSM traditionnel, et comment, pour ma part, j'ai réussi à créer mon propre système entièrement dédié à mon sadisme.

- Pour terminer, je viens de lire ceci :


Sexualité : « qui prend l'autre ? »

« C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme... » Cette chanson de Renaud rappelle que les évidences apparentes ne sont pas toujours vraies. En amour, on dit toujours « Il l'a prise ». C'est dans notre langage, l'homme qui prend.

Or, dans la relation amoureuse concrète, ce serait plutôt l’inverse. Dans un rapport sexuel, c’est le sexe de la femme qui prend celui de son partenaire, qui l’accueille.

Le vagin n’est d’ailleurs pas un organe inerte, grotte ou fourreau qui recevrait de manière passive le sexe masculin. Bien au contraire, il s’agit d’un organe très actif, un organe de préhension. Le vagin est capable de bouger, d’enserrer le pénis, de s’adapter à sa forme, à sa taille pour trouver son contact sur toute sa longueur.

Notez que parfois, le vagin peut refuser de prendre le sexe de l’homme. Il se contracte, se resserre tellement que la pénétration se révèle impossible. On parle alors de vaginisme. C’est bien la preuve que le vagin n’est pas du tout un orifice inerte, mais un organe vivant.


Tout cela est bien connu, mais il est toujours intéressant de le rappeler.


A bientôt.
Par Maîtresse Trinity
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Lundi 22 décembre 2008
- Je souhaite d'excellentes fêtes à tous les visiteurs et visiteuses qui s'aventurent sur ce blog, toujours plus nombreux, ainsi que tous mes voeux de réussite et de prospérité. 

- Pour ma part je me suis installée dans le Périgord, cette année encore, afin de terminer la préparation de ma petite fête de fin d'année. Tout devrait très bien se passer. Mais je ne sais pas encore si je la ferai narrer. Je prendrai ma décision Samedi prochain.

- Les membres de mon cheptel qui ont été conviés doivent se tenir prêts. Je leur souhaite un Noël bien consensuel afin qu'ils comprennent le sens du mot "fête" lors de l'orgie.

- Pour les autres, serviteurs à distance ou élèves, je ne vous oublie pas, vous êtes dans mon esprit comme je suis dans le vôtre. Profitez de ces fêtes pour vous amuser et vous détendre à votre guise. Je serrerai le collier à mon retour.


- Je voudrais à présent réagir sur une petite chose qui s'est produite ce week end, vraissemblablement, et qui m'a fortement déplue :

J'ai reçu il y a deux jours un appel téléphonique de l'un de mes esclaves en réel. Au début, j'ai pensé qu'il voulait s'informer de quelques modalités au sujet de la prochaine orgie à laquelle il est convié. Mon soumis, totalement énervé, voulait en réalité m'informer que des propos "insultants" et "infamants" avaient été tenus à mon endroit sur un forum BDSM. A vrai dire, j'ai mal compris son énervement...

J'ai en effet l'habitude d'être insultée par certaines "consoeurs" ou par certains "soumis" à longueur d'année, surtout depuis que j'ai décidé d'apparaître sur Internet. Cette fois, la situation est légèrement différente, puisque c'est une dominatrice "renommée" qui s'est permise des insultes à mon sujet en faisant profiter tous les lecteurs du forum de ses remarques. Le procédé est plus qu'inélégant, il est méprisable.

Je n'aime ni les guéguerres ni les polémiques, car je considère que chaque Maîtresse possède sa propre vision du SM. A chacune ses méthodes, à chacune son univers, à chacune ses limites. Je critique les styles, mais je n'ai pas la bassesse de critiquer les personnes. La réciproque n'est visiblement pas vraie. Et au vu, ou plutôt au lu de ces déclarations, je ne puis rester silencieuse et je rendrai coups pour coups.

Ce forum s'appelle "BDSM Fetish Forum". Mon esclave a donc clairement désobéi à mes ordres pour s'y être inscrit et surtout pour y avoir participé. Je sais que cela partait d'un bon sentiment, mais j'interdis formellement à tout esclave à mon service une quelconque participation sur des forums web, même pour me défendre, je l'ai déjà dit, et je le rappelle une fois encore.

Comme il faut être inscrite sur ces pages pour en visionner le contenu, je n'ai pu accéder aux interventions qui me visent. Cependant mon soumis a réalisé des captures d'écran qui m'ont permise de passer en revue les attaques en question.

Sur ces pages, j'ai donc été traitée "d'escort-girl à l'état pur", c'est à dire de pute, puis d'"arnaqueuse". On s'est ensuite gaussé de la liste de mon cheptel (trop conséquent), puis on a tourné en dérision la superficie de mon nouveau donjon (trop grand). Le prénom d'un de mes serviteurs, qui est russe, et qui s'appelle Vlad, a fait aussi beaucoup rire. En effet, il eut été moins drôle qu'il s'appelât Boris, Mickael, ou Feodor... En revanche, lorsqu'un soumis français se prénomme Michel, personne ne s'esclaffe.

La madame ainsi que les intervenants poursuivent... La domina exprime son indignation devant la séance que j'ai réservée à ce soumis québécois et qui consistait en une simulation de condamnation à mort. Elle trouve cela "affligeant". (ça ne me dérange pas) Elle en conclut que je ne puis être une Maîtresse, mais probablement un "mec qui cherche à se faire du fric" (étrange relation de cause à effet).

Mais surtout, l'ennui que j'ai exprimé face au fétichisme en soi les a tordus de rires, visiblement. (totalement inconcevable là encore). Logique, bien entendu, inutile de développer. Quand on est acteur ou actrice de théâtre, on adore les costumes.

Un autre souligne qu'une vraie dominatrice ne se met jamais nue, "une vraie Maîtresse est un être suprême qui n'a pas à dévoiler son corps sur la toîle" (dixit)...

Bref, la connerie SM rampante habituelle, avec sa petite église formatée, ses vieilles dominas grenouilles de bénitiers garantes de la bonne observation des dogmes, ses petites dominas inexpérimentées aussi naïves et aliénées que de jeunes communiantes, et ses fidèles clients à qui il ne faut certainement pas proposer quelque chose qui puisse sortir de reconstitutions aseptisées, fantoches et absurdes, car tout de même, il ne faut pas exagérer, restons raisonnables, "tout ceci n'est qu'un jeu"...

Mon soumis, qui n'a pas été très malin en s'inscrivant sous le pseudo "Soumis de Trinity" réagit donc en reprenant certaines interventions. Il réplique à cette dame que "la pute c'est celle qui donne au soumis ce qu'il est venu chercher" et "qu'une domina n'a pas besoin de se déguiser pour impressionner son soumis." Choses que j'ai écrites maintes fois sur ce blog et que je ne vais certainement pas contredire, puisque j'ai certainement été une des premières dominas à avoir eu l'honnêteté de le dire. Je note d'ailleurs que nombre de soumis le savent déjà et en sont bien conscients, c'est dire à quel point ces dominas sont aveugles, hypocrites ... ou stupides. Cochez vous même la bonne case...

Chose étrange, cette domina répond en s'adressant directement à moi, c'est ici que ça devient surprenant, car elle a visiblement cru que c'était moi même, Maîtresse Trinity, qui participait directement à ce forum et qui répondait à la place de mon soumis. Bien entendu, il est bien connu que je n'ai que ça à faire, me vautrer sur des forums traitant de SM banal et consensuel...

C'est cela qui m'a décidée à répondre à mon tour sur ce blog. Autant je puis comprendre que certaines choses puissent être inconcevables pour certains esprits, autant s'imaginer que je puisse m'exprimer sur un forum à deux balles dans un mauvais français en faisant trois fautes d'orthographe par mot, comme l'a fait mon soumis, est totalement inadmissible.

La domina en question répond donc que la liste de mon cheptel sonne faux. Elle explique que je n'ai pas été insultée (Ah ?). Et aussi, qu'une dominatrice ne peut être que fétichiste (Oh ?). Mais le plus intéressant est ici : selon elle, la Maîtresse est là pour être "au service de son soumis", car sinon "ce serait une sadique qui tomberait sous le coup de la loi".

Il faut préciser que, selon les propos de mon serviteur, que je crois sincère, cette dame a falsifié et censuré sciemment certains de ses propos sur le forum, notamment ceux qui rappellent que cette dame est vénale. Ce qui n'est guère étonnant, puisque cette Maîtresse est justement la modératrice de ce forum indirectement consacré à sa gloire... Honnêteté intellectuelle de haut niveau, donc. C'est aussi pour cela que je réponds sur mon blog. Je n'aime guère la malhonnêteté et je ne souhaite pas risquer une quelconque censure.

Cette dominatrice est assez réputée, mais je ne citerai pas son nom : pas de pub gratuite. Elle est bien connue des "clients SM", c'est une vieille rombière qui se déguise lamentablement en Drag Queen version Enigma pour épater des lécheurs de latex, ce qui n'est vraiment plus de son âge, mais qui doit attirer une clientèle parisienne en manque de fessées hebdomadaires facturées 250 euros la séance.

Si je n'ai pas été insultée comme elle le prétend, je ne sais quoi penser du fait que j'ai été traitée d'escort girl, (c'est à dire de pute), de fausse dominatrice (puisque le fétichisme m'ennuie), et bien entendu de menteuse (arnaqueuse qui se fait du fric, cheptel inconcevable, donjon trop grand, etc...)

Les arguments employés ici veulent tout dire. Je passe sur ce qui semble inconcevable pour d'autres, je n'ai rien à prouver là dessus. Je note cependant que les sites web et les blogs de ces dames regorgent de slogans commerciaux dans le genre : "avec le SM tout devient possible", "nous allons dépasser les limites", etc, et bien sûr, avec de telles idées, ce n'est pas le cas. Publicité mensongère donc...

Sur la question de l'arnaque financière : je répète une fois encore que si je faisais cela pour l'argent j'accepterais tout le monde, et je passerais ma vie sur msn, ce qui est très loin d'être le cas, c'est le moins que l'on puisse dire... C'est d'autant plus drôle que cette dame demande 35 euros par mois pour s'inscrire sur son site payant regorgeant de pubs, alors que mon site internet est gratuit, mon blog est gratuit, les conversations sur msn gratuites aussi d'ailleurs, contrairement à d'autres. Bref... On se contentera de sourire.

Sur la question du fétichisme, je comprends qu'elle y soit attachée. Il est probable que si elle était vétue normalement, elle ne fascinerait personne. C'est valable aussi pour les autres, y compris les écervelées gothiques qui jouent à la vampire version "bubble gum" en étant persuadées qu'elles y mettent de l'esprit.

Ce qui me fait sourire le plus, c'est que cette dame considère que "la dominatrice est au service du soumis". C'est tout simplement reconnaître que la Maîtresse ne domine rien, elle offre une prestation de services en échange d'un billet de banque. Cette "Maîtresse" rend bien service. Elle est très docile. Elle fait tout ce qu'on lui dit de faire, et elle le fait bien. C'est une bonne professionnelle. Ses clients sont contents. J'en ai eu d'ailleurs d'excellents retours. Et dire que j'ai conseillé à certains candidats parisiens ennuyeux de s'adresser plutôt à cette dame... Si cela se trouve, je lui ai apporté du chiffre d'affaires ! Me voilà bien mal récompensée.

Une remarque cependant : il ne faut pas s'intituler Maîtresse SM lorsqu'on est épouvantée par le sadisme. Dans Sado-Masochisme, il y a "Sado". Il vaudrait mieux se faire appeler : "Comédienne Dominatrice", ce qui collerait mieux à la réalité.

Si je lis son site internet bourré de pubs, de liens commerciaux et d'accès payants, je tombe sur un texte d'introduction aussi médiocre que caricatural, lequel précise que le futur client sera "obéissant", il sera "obéissant parce qu'elle le veut", et que ce client "n'a pas d'autre alternative que d'obéir" à la bonne dame.

Si le sourire est de rigueur, la consternation l'est toute autant. Evidemment, comment se gargariser d'un quelconque pouvoir lorsqu'on est, comme elle le prétend, au "service de ses soumis"... Qu'il est facile de précher à des convertis, qu'il est passionnant de soumettre des paillassons.

Ce qui m'interroge, ce n'est pas de savoir comment elle arrive à passer dans des costumes aussi grotesques les uns que les autres, mais plutôt : comment de fausses dominatrices comme elle parviennent à acquérir une telle notoriété ? J'opte pour la réponse suivante : une clientèle haut placée.

Il est toujours essentiel d'adopter un esprit critique sur un style de domination, ou sur le monde SM en général. Je n'interdis personne de critiquer mes méthodes, et je comprends qu'on le fasse. Je puis choquer ou faire vomir, je le conçois. Mais je n'admets pas l'insulte, d'autant plus si elle est publique. Je crois que c'est bien normal.

Ces personnes tendent à me mettre en face de mes "contradictions" alors qu'elles sont elles mêmes des contradictions incarnées, n'étant certainement pas ce qu'elles prétendent. Une putain qui ajoute une prestation de léchage de godasses dans son petit numéro de call girl est exactement dans la même veine que ces dames, mais à un niveau légèrement inférieur. Simplement l'escorte dispose de moins de matériel, et elle ne fait pas semblant d'être intelligente et raffinée.

Il faut bien comprendre que si j'ai un cheptel aussi dense, c'est justement parce que je "récupère" tous les soumis qui en ont ras le bol d'avoir affaire à ces Maîtresses de Carnaval.

Ces soumis ont justement besoin d'une femme qui les domine vraiment, qui les fasse plier vraiment, qui soit réellement une sadique, qui dépasse vraiment des limites, qui ne joue pas, qui ne simule pas, et ce sont des choses qu'ils ne trouvent pas auprès des "dominas" de ce genre, bien évidemment. C'est aussi pourquoi je chasse les "clients" loin de moi.

Mon SM est un SM qui peut parler tout le monde, car le SM ne s'arrête pas à quelques élites de salons. Le SM pour initiés, avec ses petites gens qui ont l'impression de faire partie d'une secte dans laquelle tout le monde pense pareil, me fatigue autant qu'il me répugne. Ma domination est particulière, elle est même unique, je le crois. Ce n'est guère une prétention. Le sujet de cet article prouve bien que c'est un constat.

Je n'ajouterai plus rien à ce sujet. Je fais ce que j'ai à faire.


- Passez encore d'excellentes fêtes, je serai de retour l'an prochain, c'est à dire dans quelques jours...

A bientôt.
Par Maîtresse Trinity
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Mercredi 10 décembre 2008
Volet droit du "Jardin des Délices"

Détail :
Par Maîtresse Trinity
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Mercredi 10 décembre 2008

- Tout d'abord, je veux dire un mot sur l'horrible bandeau publicitaire que l'on ne manquera pas de remarquer au dessus de cette page. Ceci ne vient absolument pas de moi mais du fournisseur du blog, qui a installé ces "attrape sousous" sans en informer les auteurs... Le fait que cela perturbe la lecture des visiteurs ne me dérange pas, ce qui me dérange est qu'une société se fasse de l'argent sur mes écrits. Donc, je conseille à tous les lecteurs qui passent par là de ne pas cliquer sur ces bandeaux publicitaires, ce sont de toutes manières des pubs de cul à deux balles. Je rappelle que j'écris sur ces pages pour mon plaisir, je ne gagne strictement rien à le faire, c'est un plaisir et une grâce que j'accorde.

- Quelques individus ont lu avec beaucoup d'attention l'interview que j'ai donnée pour ce jeune gynarchiste il y a deux mois. Certains d'entre eux se sont imaginés que devant la liberté de ton employée par ce jeune homme, ils pouvaient s'autoriser à me parler de la même manière, avec une impertinence provoc digne de certains talk-shows trash. Il n'en est rien. Si j'ai accepté de jouer le jeu ce jour là, je ne suis pas spécialement disposée à le jouer d'habitude. Le "reporter" très spécial a eu l'intelligence de le comprendre, lui. On ne m'appelle pas "Trinity", on ne me pose pas de questions indiscrètes, on ne se présente pas comme un intellectuel voulant échanger des idées, car ce que je sais je ne tiens pas à le dire à de pseudos-cérébraux qui surestiment leurs capacités (et ils sont légion même quand ils ne se sentent pas concernés). Ce que j'ai à dire, je l'écris ici.

- J'ai besoin de manière urgente de deux mâles âgés de dix huit à ving cinq ans, très bien membrés, et disponibles du 31 décembre 2008 au 2 janvier 2009 à temps plein. Me contacter à mon adresse mail.

- J'hésite à parler de l'orgie que je suis en train de préparer avec fièvre et minutie. J'hésite encore plus à en faire écrire le déroulement. Et j'hésite totalement à le faire publier, si ce dernier devait être écrit. La raison en est simple : pourquoi donner des perles à des cochons ? Je n'écouterai donc que mon envie. Les lecteurs et lectrices ne doivent en aucune manière considérer ce récit comme un dû.

- A ce sujet, je dois parler d'un fait amusant : quatre esclaves qui sont rentrés dans mon cheptel en réel au cours de l'année 2008 seront bientôt sanctionnés. La raison en est la suivante : ayant largement fantasmé sur mon orgie romaine, ils avaient joué le jeu du parfait soumis pendant des mois pour pouvoir participer à la prochaine. Cette orgie était donc leur but ultime, ce qui est bien entendu inacceptable. Ils ont été démasqués, car on ne peut pas aller très loin avec ce genre de démarche. Et la sanction est la suivante : ils participeront bien à cette orgie. Mais ils auront les yeux bandés, les oreilles bouchées, et seront ligotés face au mur. Ils ne verront et n'entendront rien. Ils voulaient y être ? Ils y seront.

- Il existe une nouvelle race d'esclaves financiers... Ils sont apparus avec Internet, très probablement et s'appellent : "les moneyslaves qui n'en sont pas". Signes distinctifs : ils m'abordent pour rentrer à mon service... Ils affirment avoir un gros poste à responsabilités et le salaire qui va avec... Ils prennent deux heures de mon temps pour affirmer la suprématie féminine et me poser des questions sur les détails de leur prochaine soumission... Ils me jurent sur la tête de leurs enfants qu'ils vont me servir totalement et comme je l'entends... Je leur réponds que j'en suis satisfaite... Ils éjaculent dans leur kleenex... Et ils disparaissent... Bien entendu, ils n'ont pas le moindre centime à me consacrer, ce sont en général des péteux du web qui fantasment sur un potentiel financier qu'ils n'ont pas. La misère sexuelle progresse encore. Les frustrés n'essayent plus de sortir de leur frustration : ils sont prêts à mentir pour se contenter de leur impuissance. A chacun son équilibre. Pour ma part je n'ai pas de temps à perdre avec les pauvres types en général. Ma nouvelle règle est la suivante : je veux que le moneyslave qui m'aborde ait un compte moneybookers opérationnel dès le départ. Si ce n'est pas le cas, je couperai la conversation.

- A ce sujet, j'ai reçu depuis le début énormément de demandes d'admirateurs qui souhaitent m'offrir des cadeaux : livres, disques, lingerie... C'est très délicat de leur part et j'en suis sincèrement touchée. J'adore que l'on ait ce genre d'attentions, comme toutes les femmes bien sûr, c'est craquant... Cependant, je n'aime pas que l'on me fasse des cadeaux, j'aime me les offrir moi même. C'est donc pour cela que je n'ai pas fait de "wishlist", comme le font d'autres dominas. Mes "porte monnaie" attitrés l'ont bien compris, et me donnent les moyens de m'offrir quelques extras auxquels je n'aurais pas forcément pensé. C'est comme cela que je fonctionne et c'est comme ça qu'on me fait plaisir. J'ai trop connu par le passé le comportement de certains moneyslaves qui m'offraient une nuisette, par exemple, et qui ensuite voulaient me voir la porter. Je ne suis pas redevable, même par ce biais, bandes de petits malins. Et d'autre part il est hors de question que je donne mon adresse personnelle à des inconnus.

- Je ne tolère pas que mon assistante Jessica reçoive des insultes pendant ses conversations sur le logiciel msn. Certains s'imaginent que parce qu'elle est élève alors ils peuvent la prendre de haut... Jessica avait en tant que soumise un niveau largement supérieur à tous ceux qui peuvent la contacter. Elle a, en tant que dominante, un niveau que je juge remarquable. Il est donc vivement conseillé de la respecter comme on me respecte moi même. Jessica est peut être une élève, mais c'est aussi une dominatrice. Et bientôt il faudra l'appeler "Maîtresse". Donc s'il faut rechercher et pourrir la vie d'un contact msn pour lui faire payer sa débilité à l'encontre de mon élève, je ne m'en priverai pas et ce sera même avec un plaisir non-dissimulé. Je dispose des moyens pour cela. J'espère avoir été claire.

- Ne m'envoyez pas d'invitations pour faire partie de réseaux d'amis sur Facebook. Je me moque éperdument de Facebook et de tous ceux qui s'y trouvent. Je me demande ce qui passe par la tête de certaines personnes. Rien sans doute...

- 645 contacts msn à ce jour. C'est trop. Je vais par conséquent procéder à un écrémage.

- Le précédent article suscite des réactions. J'ai reçu par exemple ceci : "Bonjour Maitresse   Il faut bien faire tourner le commerce et alimenter la vitrine ,Nôel arrive et on connais vôtre immagination... A bientôt pour un récit abracadabrantesque ........"   Cette personne n'a pas laissé d'adresse email, bien entendu. Je sais cependant qu'elle se situe à Grenoble ou dans les environs et que son fournisseur d'accès est neuf cegetel. J'en saurai plus prochainement. Le déni de certaines personnes ne pouvant pas s'imaginer que l'on fasse ce qu'ils n'ont pas réussi à imaginer est assez stupéfiant. Je suis au dessus de cela, me dit-on. Ce n'est pas tout à fait exact. Je suis en dessous, à la hauteur, au dessus, mais surtout... : en dehors.

- Je termine sur une note un peu plus souriante à présent. En juillet 2010, je quitterai le donjon "Château Trinity" ainsi que le bordelais. Mes deux assistantes, Jessica et Fatia s'occuperont de toutes les séances SM. Je superviserai de temps à autres. Pour ma part, je m'installerai en Provence, car c'est une partie du pays que j'apprécie beaucoup et qui correspond bien à ma personnalité. J'ouvrirai sans doute un petit salon SM là-bas, et j'y recevrai la crème de mes esclaves. La château sera donc voué à deux choses : séances avec mes esclaves en réel avec Jessica et Fatia, et formation des élèves dominantes avec moi même. Bien entendu, je resterai la Maîtresse des lieux et je ne me priverai pas de laisser libre court à mes perversions.

 

Par Maîtresse Trinity
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Lundi 1 décembre 2008

Il arrive souvent que l'on me demande si les quelques petits récits et souvenirs racontés sur ce blog ne sont pas des inventions, des fantasmes dans lesquels je me glorifie volontiers, toute absorbée par un délire mégalomaniaque de puissance et de contrôle absolu sur les êtres et les situations.

Pour être tout à fait claire, je n'ai pas le droit d'en vouloir aux personnes qui s'interrogent à ce sujet même si j'avoue que cela m'agace parfois, car bien entendu, peu m'importe d'être crue ou non, l'essentiel étant que ma vision du SM transparaisse au travers de ses souvenirs et que cela contribue à faire avancer certains lecteurs et soumis dans leurs pratiques. Aussi mon article ne prendra pas le ton d'un pamphlet.

Certains contacts me murmurent donc, avec un clin d'oeil complice, que ces "histoires" sont certainement exagérées pour ne pas dire fantaisistes... Mais ils ont aussi la courtoisie d'ajouter que cela n'enlève rien à mes qualités de dominatrice, ce qui est très sympathique de leur part...

Comme j'ai pu l'expliquer récemment à je ne sais plus qui, je ne me formalise pas pour autant. Ce genre de considération est somme toute logique, et de plus, ne donnant aucune preuve photo ou vidéo de mes dires (il ne manquerait plus que ça), il n'est pas extraordinaire que des voyeurs ou consommateurs d'internet puissent se faire leur opinion sur quelque chose qui est narré mais qu'ils n'ont pas vu. Cette société étant avant tout visuelle, il y a un Saint Thomas qui sommeille en chaque internaute.


Aucune importance, car ce qui m'intéresse véritablement dans ces remarques est tout autre chose : c'est cette fracture entre le chemin qui est le mien et la vie que la plupart des gens mènent. Fracture dont trop souvent j'oublie l'existence. Fracture dont ces sceptiques ne se doutent même pas. Fracture que ne connaissent pas la plupart des dominatrices professionnelles, ces dernières raccrochant le fouet au clou lorsque l'horloge sonne 18 heures, et qui rentrent chez elles retrouver leurs enfants et le balai à passer dans la cuisine (je dis cela sans aucun mépris, certaines choisissent de garder une distance, ce que je respecte totalement). Fracture que connaissent encore moins les pseudo soumis venant récolter leur coup de spatule sur le gland avant de rejoindre bobonne (leur distance à eux, à revanche, je ne la respecte pas du tout).

Je comprends que des êtres, souvent des oisifs ou cérébraux qui vivent dans une certaine "normalité", ne puissent concevoir ce que je vis ou ce que j'ai pu vivre tout au long de ces dix huit dernières années. Il est vrai que je n'ai jamais vécu, moi, dans la "normalité", et je ne fais d'ailleurs qu'observer cette dernière avec ennui ou répulsion lorsque je me souviens qu'elle existe. Et si je ne me coupe du monde pour autant, je ne vis qu'autour de moi.

J'ai toujours été destinée à connaître les caniveaux de l'humanité. Je me suis construite pour cela, j'ai provoqué cette orientation, j'ai travaillé le "diabolique" qu'il y a en chacun de nous, j'ai cherché à l'explorer chez les autres comme chez moi même, je me suis pétrie et nourrie de ces viscères, de cette obscurité, de cette démence inquiétante et malsaine. Cette obscurité est ma lumière et mon chemin, je l'arpente depuis longtemps, et je commence à bien le connaître. Pourtant je n'ai pas été à l'abri de surprises, et il a pu m'arriver d'être stupéfaite ou déroutée, car vraiment, l'imagination de l'homme ne connait aucune limite lorsqu'il se frotte à l'extraordinaire et au sordide.

Il existe pourtant, ce monde obscur, ce monde que ces gens qui s'ennuient jugent fantasmé. Il est là, il faut en connaître les clés, les passages secrets et les souterrains. Si la vie était si banale : quel imbécilité que de la vivre. Si tout n'était qu'apparence publique, façades, convenances et maquillages, coups de fouet à Pigalle et clubs libertins : quelle foutaise et quel ennui. Je les connais, les secrets de familles, les non-dits, les réunions secrètes, les cérémonies perverses, les orgies confidentielles, les horreurs de l'homme.

J'ai vu de mes yeux des familles incestueuses baiser ensemble, la fille se faisant prendre par le père, la mère par le fils, le dernier garçon léchant les couilles de son frère ou de son père. J'ai vu des soeurs se gouiner, des frères s'enculer. J'ai vu des mères séduire leurs enfants, j'ai vu des enfants allumer sexuellement leur mère et obtenir leurs faveurs. J'ai vu des jeunes filles semblant normales se faire sauter par leur chien dès qu'elles se retrouvaient seules (ou plutôt en ma compagnie) chez elles. J'ai vu une mère de famille banale embrasser son mari avant qu'il ne parte au travail pour ensuite se précipiter dans sa cuisine, chier dans une assiette, s'installer à une table et manger délicatement sa merde à la petite cuillière en me faisant un clin d'oeil. J'ai vu de bonnes bourgeoises désoeuvrées organiser leur propre viol ou faire des pipes aux SDF qu'elles croisaient dans des rues pourries. J'ai vu de bonnes épouses faire la pute avec des clients sous l'oeil du mari. J'ai vu des pères de famille respectables se branler sur les photos de leur femme lorsqu'elle était petite fille. J'ai vu des femmes manipuler leurs maris pour qu'ils couchent avec leur soeur, leur belle mère, ou leur meilleure amie. J'ai vu une fête de mariage dégénérer en partouze monumentale, familles inclues. J'ai vu des impostures et des manipulations extraordinaires. J'ai vu des séances SM sanglantes au dela de toutes imagination, des évanouissements, des réanimations d'urgence, des perversions innommables. J'ai vu des choses que je ne répèterai jamais parce qu'elles ne sont pas destinées à être dévoilées. Tellement de situations incroyables qu'il me faudrait dix ans pour les recenser et les décrire.

Ces situations je ne les ai pas toujours provoquées, j'en ai parfois été la spectatrice, fascinée, ébahie, mais jamais écoeurée. Alors quoi de plus normal qu'avec les moyens dont je dispose, avec cette liberté et cette obstination à vivre pleinement au lieu de rêver, quoi de plus normal que j'ai cherché, moi aussi, à créer mes propres situations ? 

La vie que je mène et que j'ai toujours menée consiste justement à réaliser les perversions, à les rendre vivantes, à les vivre totalement, et à en jouir. Je ne recule devant aucun moyen ni aucun principe si je sais et si je sens que je peux vivre quelque chose d'extraordinaire... Je veux de l'extraordinaire... Je l'attends, je le renifle, je le guette... Et une fois repéré, je sais manipuler, soudoyer, diriger, influencer, faire incliner ce qui me gêne, et créer toutes les situations favorables afin de l'obtenir. Mon imagination n'a de sens que dans l'action.

 

Les soumis sont des gens qui s'ennuient beaucoup. Cérébraux, certes, et pourtant ils ont une réelle incapacité à imaginer que l'on puisse dépasser leur imagination justement. Ils se contentent de reconstitutions et de sceynettes. Ces limites les désespèrent, mais les rassurent en même temps. Oseraient-ils réaliser un vrai fantasme ? C'est aussi pourquoi ils se contentent de les jouer avec une actrice dominante dans un petit théâtre sur mesure plutôt que de les vivre pleinement avec une femme sans tabous.

C'est ici que je me rends compte que Sade était ce qu'on appelle un "petit joueur". Je dis cela avec une certaine morgue, mais je suis certaine qu'il se masturbait durant la rédaction de ses histoires. Sade était un branleur de génie. L'écriture des 120 journées de Sodome, quelle histoire ! Je n'ai pas les capacités d'écrire de manière aussi somptueuse bien sûr, et j'ai encore moins d'imagination lorsqu'il s'agit d'écrire tout court. Mais contrairement à lui je détiens tous les moyens pour faire en sorte que mes horreurs se réalisent. J'écris parce que je jouis, je jouis parce que j'écris, tout cela se mélange et forme une parfaite cohérence. Pas d'écriture sans action. Pas d'action sans écriture. Si j'avais été un homme, sans doute aurais-je été un Casanova... En plus pervers bien entendu...

Par Maîtresse Trinity
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Lundi 1 décembre 2008

Par Maîtresse Trinity
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Vendredi 28 novembre 2008

Afin que les choses soient bien claires, bande de mongoliens attardés, et que chacun puisse bien comprendre ce qui pourtant est parfaitement expliqué sur mon site web, voici comment on peut ou non devenir un soumis de Maîtresse Trinity.

 

1 - D'abord, il faut me contacter par email ou msn lorsque je suis connectée, je dis cela car je reçois des messages dans le genre "allo, vous êtes là ???" lorsque je suis absente. Le mieux est sans doute de m'envoyer un message différé.

 

2 - Ensuite il faut se présenter correctement : âge, ville, expérience en bdsm, maîtresses fréquentées auparavant, pratiques réalisées et fantasmées, tabous, objectifs. Si l'on est novice, ce n'est guère un problème, d'ailleurs j'ai plutôt un goût pour les novices en ce moment. Ne pas faire de roman, ne pas être trop concis non plus. Inutile d'essayer de m'éblouir avec un style littéraire, ça me laisse de marbre.

 

3 - Moi, ensuite, avec mes petits doigts et mes petits yeux, je vais examiner rapidement la "candidature", et si cette dernière est intéressante, alors je vais signifier mon accord à la personne en lui écrivant.

 

4 - Cette personne, choisie par mes soins, devra se connecter sur msn pour en discuter, car j'aurai des questions à lui poser afin de personnaliser sa formation et de voir ce que je peux en faire.

 

5 - Si cette personne est toujours courageuse et motivée, alors je fixerai une date de début d'éducation à distance. Cette éducation comporte des exercices pratiques à réaliser dans la semaine, ainsi qu'une séance msn par semaine, d'une durée de 20 à 30 minutes. Il faut dégager dans la semaine un horaire fixe pour cette séance. De préférence en après midi ou fin d'après midi, entre 16h00 et 20h00.

 

6 - Cette éducation dure quatre semaines. Elle peut être renouvelée si je le juge nécessaire. Et c'est bien souvent nécessaire d'ailleurs, à moins d'être un parfait surdoué.

 

7 - L'éducation vise à former un individu, à le libérer de certaines choses, à transgresser certains tabous, à lui apprendre à se soumettre à moi, à le faire progresser en fonction de mes méthodes, de mes goûts, et de mon humeur.

 

8 - Pour cet élève soumis, il y aura plusieurs possibilités. Soit il est inintéressant, et dans ce cas, je ne renouvelerai pas son éducation. Soit il est intéressant, il possède un potentiel, il me plait, et dans ce cas je poursuis son éducation à distance. Soit il se lasse tout seul parce qu'il est inintéressant de nature et qu'il a la lucidité de s'en rendre compte, et dans ce cas, il dégage sans même que je fasse l'effort de le lui demander.

 

9 - Enfin, au bout de plusieurs mois d'éducation, si je juge que cet élève est prêt à aller plus loin, alors je l'intègre à mon cheptel de serviteurs en réel et il devra se déplacer pour me subir en direct. Sinon, il peut rester dans mon cheptel de serviteurs à distance et me satisfaire de cette manière. Soit les deux, ce qui est le plus souvent le cas.

 

10 - Je ne me déplace pas chez le soumis, sauf cas exceptionnels. Parisiens qui ont du mal à imaginer qu'il puisse y avoir une quelconque forme de vie au dela de la porte d'Italie : passez votre chemin. On vient jusqu'à moi, et pas le contraire.

 

11- Les conditions pour avoir une chance d'accepté en éducation à distance sont les suivantes :

 

Il faut être majeur, conscient de ses actes, disposer d'un ordinateur qui fonctionne et d'une webcam. Il faut être aussi indépendant financièrement, car mes éducations demandent une offrande mensuelle, qui est de cent euros, ce qui n'est rien pour une femme comme moi, mais qui est beaucoup pour un soumis. Il faut évoluer dans un endroit où l'on sera sûr de ne pas être dérangé, et éviter les plans dans le genre : "j'ai ma copine dans le salon, restons discrets". Il faut également disposer d'un compte moneybookers parfaitement opérationnel, c'est à dire : inscription, enregistrement de la carte bancaire sur leur site, confirmation du compte, et compte approvisionné.

 

Les fétichistes : inutile de poser une candidature. Le fétichisme à distance, "ça le fait pas."

 

Les candidats pour une "appartenance totale" : vous n'avez aucune chance. Je ne cherche de profils de ce genre que lorsque j'en ai besoin.

 

Une éducation ne garantit pas une rencontre.

 

Ne faites pas d'offrande avant d'avoir été accepté, à moins qur'il s'agisse d'une offrande spontanée. On n'achète pas sa place et je ne rembourse rien (pas mon genre).

 

Profils qui ont le plus de chances : novices, apprentis-travestis, urophiles et scatophiles, masos, addicts au porno, mais aussi autodestructeurs. Cas particuliers appréciés.

 

12 - Précision que je n'arrête pas de préciser d'ailleurs : pas de rencontres rapides ou faciles. Je ne rencontre que les gens que je formate à distance. C'est un cheminement. Les gens qui me contactent en me disant : "salut, je serai sur Bordeaux la semaine prochaine, ça tombe bien non ??", c'est direction poubelle. Pour me rencontrer, il faut passer par une éducation.

 

Il peut arriver que je rencontre certains individus sans éducation, mais c'est extrêmement, extrêmement, extrêmement rare. N'ayez surtout pas l'orgueil de penser que vous en êtes dignes. C'est moi seule qui en juge.

 

Vous y'en à comprendre ? Je le souhaite vivement.

 

Mon adresse msn est la suivante : ladytrinity@live.fr

L'adresse de mon assistante jessica : jessica-chateautrinity@live.fr

 

Jessica se connecte quelquefois pour répondre à des questions qui concernent uniquement les modalités de la formation, quoique cet article devrait être suffisamment clair. Les bavardeurs, vous dégagez, pas de temps à perdre.

 

 

Par Maîtresse Trinity
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Lundi 10 novembre 2008
Ma boîte mail est tellement inondée que j'ai bien cru ne plus jamais l'ouvrir. Moi qui aime lire, me voilà servie. Des mails me tombent dessus par dizaines, évoquant tous les sujets, provoquant parfois, interrogeant surtout. Je note souvent les critiques négatives et les agressions. J'en oublie injustement les hommages. Ils sont nombreux et je les lis avec curiosité. Mais étrangement, je constate toujours le fait suivant : à travers les compliments, on me demande d'être un peu plus ceci et un peu moins cela. J'en déduis que ma réalité n'est pas tout à fait parfaite pour certains lecteurs qui aimeraient sans doute me modeler en fonction de leurs désirs. J'en déduis également que s'ils étaient une femme, ils feraient bien mieux que moi.

En ce qui concerne le négatif, le nombre de réactions agressives est en nette augmentation depuis l'article publié récemment sur le fétichisme. Tellement prévisible que je ne répondrai rien. Tout a été écrit dans cet article et je n'y rajouterai pas un mot. J'observe simplement que je semble avoir touché juste : seuls les fétichistes qui s'intéressent plus à la femme qu'à ses acoutrements continuent à être en contact avec moi. Qu'il est bon parfois de trouver les mots justes...

Je relève également beaucoup de réactions sur le récit écrit par mon assistante Jessica (la "chronologie du doute"). Tout d'abord, je suis très heureuse de son travail et fière d'elle. Son style naïf et maladroit est somme toute diablement efficace. Je lui confèrerai d'ailleurs d'autres comptes rendus à rédiger. Les plus fins observateurs auront observé deux choses ; j'ai effectivement écrit le premier paragraphe (je ne peux pas en vouloir à mon assistante d'avoir éprouvé des difficultés à partir d'une page blanche, ce n'est guère simple pour une néophyte) et d'autre part, le prénom Fabien est employé à la place de Fabrice vers la fin du récit. Comme certains l'ont deviné, il s'agit d'un clin d'oeil pour un certain Fabien qui se reconnaîtra.

Toujours à propos de ce récit, lequel relatait une expérience passionnante sur la confiance dans le pouvoir de la femme qui domine, peu de réactions sur les pistes intellectuelles soulevées, mais surtout beaucoup de questions bassement pragmatiques voire complètement stupides. "Mais c'est vrai ??" demandent certains. "Vous avez vraiment une guillotine ??? Vous l'avez trouvée ou ???" demandent les autres. Autant donner de la confiture cérébrale à 60 millions de consommateurs. Il est heureux que tout ce qui est publié sur ce blog le soit essentiellement pour mon plaisir. Pour répondre aux autres vraies questions : non je ne l'aurais pas décapité, je ne tiens pas à finir ma vie en prison. Oui, il a été heureux de son séjour, cette expérience unique lui a permis de retrouver goût à la vie et ce malgré l'atrocité de l'aventure. Et non, ce n'était pas une punition, uniquement une envie que je voulais assouvir avec un candidat à un séjour dans mes geôles, lequel ne s'attendait à ce que cela dégénère de cette manière. Et enfin oui, je maîtrise mes actes, et je maîtrise aussi les pensées et les états d'âmes de ceux qui se retrouvent dans mes mains, je les manipule en ce sens, c'est tout de même la moindre des choses pour une Maîtresse me semble-t-il.

Mon esclave sexuel David, "fontaine à sperme", quittera le donjon au début du mois de novembre. Ses capacités déclinantes ainsi que son enthousiasme émoussé ne l'autorisent plus à vivre au sein de ma communauté d'esclaves en appartenance totale. Il sera donc remercié et remplacé. Le pauvre chou semble lassé de baiser toute la journée. Il reprendra donc sa "liberté", et lorsqu'ils sera encore plus lassé de se taper des dindes de boîte de nuit, il reviendra probablement frapper à ma porte. Esclave Lara le remplace d'ailleurs parfaitement bien. Que de délices auprès de ce membre éminent du troisième sexe. C'est une expérience que tout homme et surtout toute femme devrait connaître. J'envisage en accueillir d'autres, d'ailleurs.

Je ne veux pas entendre mes moneyslaves me parler de "crise financière".  Qu'ils économisent, qu'ils se passent de manger s'il le faut, je veux le même résultat qu'avant. J'espère être claire. Il n'y a rien de plus fantastique que de claquer du fric en pleine crise mondiale. C'est... jouissif. Et ce n'est pas au serviteur à en jouir.

Comme certains de mes esclaves réels me l'ont demandé, j'organiserai en effet une orgie en fin d'année car je souhaite financer et réaliser un évènement majeur de cette nature tous les ans. A dire vrai, je la prépare déjà. C'est une manière de recompenser les participants, esclaves et soumis réels, mais surtout de me faire plaisir en donnant libre cours à mes pulsions. Le thème sera différent, exit donc la Rome Antique, et sans doute mettrai-je l'accent sur d'autres perversions. Les participants de l'orgie passée me demandent souvent combien a coûté un tel évènement. C'est bien entendu totalement confidentiel. Je dois avouer que la note est passée du simple au quintuple au fur et à mesure que j'élaborais les choses. Le problème avec le thème de l'orgie romaine est qu'il n'en faut pas beaucoup pour faire "toc". Je ne voulais donc pas de mauvaise imitation, de soumis en train de boire un coca ou de colonnes en carton pâte. Il fallait que tout soit parfaitement crédible, du tissu des tuniques à l'argent des plateaux de viandes en passant par les bijoux portés. Tout devait être parfait. Je ne pouvais pas faire de misérabilisme avec une pratique qui s'est exercée dans une certaine grandeur à l'époque des empereurs de Rome. J'ai constaté que c'est surtout cette recherche d'authenticité qui a impressionné les participants. Cette année, le thème sera oriental, et je choisirai des narrateurs un peu moins emphatiques, plus objectifs, et pourquoi pas critiques, car la relecture du récit de l'an dernier m'a donnée une impression de solennité ridicule qui ne retranscrit pas du tout l'ambiance qui régnait alors. Il est d'ailleurs possible que je fasse le vrai récit de cette orgie romaine un jour sur ce blog. Quoi qu'il en soit, les participants pour la prochaine sont déjà connus. Ils seront informés en temps et en heure.

J'ai reçu il y a quelques semaines un jeune homme très fin et psychologue, gynarchiste, qui souhaitait me rencontrer depuis quelques temps. Je ne réponds que très rarement aux demandes de rencontres, surtout si elles proviennent de gens qui ne m'appartiennent pas. Cependant, le fétichisme de cet individu m'a semblée tout à fait fascinant. C'est un fétichiste des interviews. Depuis l'enfance il s'amuse à questionner des gens dans son entourage et il collecte le fruit de ses questions/réponses dans de grand cahiers, avec une minutie surprenante. Il en possède plus d'une centaine, d'après ce que j'ai pu en voir. Quel est le sens de ce fétichisme, je l'ignore. Il existe sans doute un fétichisme pour tout, mais celui ci est assez rare pour être signalé. J'ai donc répondu à toutes ses questions, avec le plus de sincérité je crois, et il a tenu à publier notre entrevue sur son blog gynarchiste. Je l'ai laissé libre du ton à employer dans ses questions, et je ne l'ai pas sanctionné pour ses impertinences, "liberté de la presse" oblige. Plus sérieusement, cela permettra à beaucoup de lecteurs d'en savoir plus sur moi et sur mon parcours, et il fallait bien qu'on me pose des questions aussi pertinentes pour que je consente à dévoiler des choses que je n'aurais jamais dites par moi même. Cette petite introspection face à un individu de qualité m'a beaucoup amusée. Nous renouvellerons peut être ce petit jeu, car il a eu une nouvelle bonne idée je crois... Voici pour les curieux l'adresse de son blog : http://reines.blogg.org/

Par Maîtresse Trinity
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Mercredi 29 octobre 2008
Ce matin, dans la salle médicale, une brusque idée m'est apparue. Alors que j'étais en train d'uriner sur les entailles laissées par mon scalpel sur les fesses d'un patient, ceci afin de le désinfecter (du moins le croyait-il), je m'interrogeais soudainement sur la nécessité du marquage.

De fil en aiguille je réfléchissais au fait qu'il y a quelques années encore certaines dominas n'hésitaient pas à marquer au fer rouge des têtes de leur bétail, comme j'ai pu beaucoup le faire moi même dans le passé, plutôt de manière irréfléchie je le reconnais. Je remarque, d'après les témoignages de soumis réels qui ont déjà rencontré des dominatrices avant de me rejoindre, que cette pratique tend à disparaître. On ne marque plus réellement, on tatoue un peu, mais surtout on s'abstient de provoquer quelque chose d'irréversible : l'époque est à la frivolité et au carpe diem vite consommé, il ne faut surtout rien regretter. Et je trouve cela regrettable justement, même si je ne suis pas une férue du marquage (c'est en réalité une symbolique qui ne me parle pas). Mais la question que je me pose est surtout : "Pourquoi la lente disparition de ce symbole ?"

Cette popularisation du SM que l'on peut constater partout tend-elle à aseptiser nos pratiques ? Les soumis deviennent-ils de plus en plus "soft" ? Leurs vies privées prennent-elles le pas sur les attentes de leurs Maîtresses ? Ne sont-ils plus capables de s'impliquer et de s'engager autant qu'avant ? Oui sans aucun doute. Considérer le SM comme un divertissement, ainsi que je le dénonce régulièrement, n'est certainement pas propice à son épanouissement. C'est encore une fois, pour les "soumis", vouloir tous les avantages d'une situation sans en accepter les inconvénients, ce qui est la constante sociale actuelle. "Je veux mon coup de fouet, mais sans les marques." Ou bien : "Je veux le caviar de Maîtresse, mais sans que cela sente mauvais". Ou encore : "Je veux tout donner pour une femme, mais uniquement de 17 heures à 19 heures". Et finalement : "Je veux qu'on me domine, mais sans être obligé de me soumettre". Le monde SM n'échappe pas à cette tendance : dans un monde de consommation, le client est roi et il s'empiffre sans efforts. Et aujourd'hui, le SM n'est qu'un marché, avec son offre, sa demande, ses prestataires et ses clients.

Raison de plus pour ne pas dévier de mon chemin. Je commettrai les pires sévices si je le veux, et comme je l'ai toujours fait. Je me moque des hommes mariés et de leurs besoins de discrétion. Si je souhaite leur lacérer la peau, je ne m'en prive pas. Si je souhaite leur provoquer des déchirures anales et qu'ils saignent du cul à force de les avoir trop godés, je le fais avec plaisir. S'il leur faut un certificat d'arrêt de travail après une séance longue entre mes mains, j'en suis ravie. S'ils ont une peur récurrente de l'obscurité après une nuit dans mes geôles, j'en frissonne de plaisir. Souffrir véritablement est la moindre des politesses pour ceux et celles qui souhaitent s'en remettre à ma perversion. Marquage, dites-vous ? Mais je passe mon temps à les marquer.

Ce SM "light et sans sucre" qui envahit les moeurs occidentales, ce "5 à 7" pour jeunots ou pseudo-cérébraux stressés est une plaie pour toutes celles qui envisagent ce chemin de manière absolue. Il est malheureusement évident que certaines pratiques disparaîtront complètement du circuit d'ici quelques années. Le SM deviendra alors tellement banalisé que plus personne n'osera aller au bout des choses. De même les misérables boîtes à partouzes ont remplacé les vraies orgies, et certains ploucs ayant fréquenté deux ou trois clubs échangistes dans leur vie s'imaginent déjà "libertins dix-huitiémistes". L'oeuf de lump a remplacé le caviar, et celui-ci fascine logiquement ceux qui n'ont jamais connu le goût du caviar. Et l'on ne voit pas plus loin que le bout de sa banalité. Quelques clicks pour frissonner avec une Maîtresse toute de latex vêtue ? Rien de plus facile, voici donc le SM hard discount pour pauvres d'esprits, voici Sade "mis à la portée des caniches".

Misère de cette jouissance obligatoire, de cette volonté de tout essayer "pour ne rien regretter", mais surtout ne rien regretter en ne s'impliquant qu'à peine. Chaque jour ils me contactent, avec un sourire naïf dans chaque mot écrit, ils ont peu essayé avec leur copine, ils ont bien aimé, ils aimeraient aller un peu plus loin, mais ils ne veulent ni avoir mal, ni connaître la frustration. Quand je les tutoie, ils s'en étonnent, et lorsque je hausse le ton, ils s'en offusquent. Pour qui je me prends ? "Mais vous voulez que je me verse de la cire sur le gland ? Vous êtes folle ???"

Que puis-je leur dire ? De ne pas persister avec moi. De rencontrer n'importe quelle dominatrice. Au hasard. Qu'ils se débrouillent. Ai-je une personne à leur conseiller ? Non, leur dis-je. Ils se renfrognent, m'expliquant qu'ils veulent rencontrer une vraie Maîtresse comme moi. En effet, j'oublie toujours que le client est exigeant. Il veut tout juste tremper ses lèvres dans un vin pas cher, mais il exige tout de même que ce soit un grand cru.

Qu'on ne vienne pas me reprocher d'être "radicale". J'essaie de ne pas fermer les portes à tout le monde car je n'ai jamais apprécié ce SM pour gros salaires. Mais je ne puis accepter de tels touristes, et je ne suis d'ailleurs pas la seule à les refuser. J'ai placé mon SM sur un socle inaltérable. C'est un SM dur, brutal, exigeant, sans concessions, dans lequel il faut se livrer corps et âme. Je veux du sang, de la sueur, des larmes, de la pisse, de la merde et du vomi. Je veux un SM dans lequel on ne puisse pas se prêter, un SM dans lequel chaque effort pour moi est un vrai sacrifice, consenti ou arraché. Mon SM est un chemin pénible, laborieux, long, avec ses mauvaises passes mais aussi ses jouissances. Mais ce n'est pas une chaine télé sur laquelle on zappe pour se détendre. Et si l'on souhaite ouvrir la porte, il faut franchir le pas, et ne pas avoir peur de se salir. Le marquage doit devenir une simple formalité. Mais sans doute n'ai-je pas besoin de marquer mes soumis au fer rouge, car le "simple" fait d'appartenir à mon cercle est un marquage en soi, une empreinte psychique profonde et indélébile.

Par Maîtresse Trinity
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